L'abolition de la peine de mort, grand combat de Robert Badinter

 

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Manifestation d'Amnesty International contre la torture et la peine de mort, le 2 juillet 2009 à Paris - Emilien Cancet - AFP
Manifestation d'Amnesty International contre la torture et la peine de mort, le 2 juillet 2009 à Paris. Emilien Cancet - AFP

L'abolition de la peine de mort, grand combat de Robert Badinter, a été adoptée dans près des trois quarts des pays mais, en 2024, ceux qui y ont eu recours l'ont fait à un niveau record. 

Au 31 décembre 2024, 145 pays ont aboli la peine de mort en droit ou en pratique, selon le dernier rapport annuel d'Amnesty International, publié en avril 2025. 122 pays par la loi (113 pour tous les crimes et neuf uniquement pour les crimes de droit commun) et 23 en pratique (n'ayant procédé à aucune exécution depuis au moins 10 ans). 

Le 31 décembre 2024, le Zimbabwe a officiellement aboli la peine capitale pour quelque infraction que ce soit. Toutefois, une disposition prévoit que cette abolition peut être levée en cas d'état d'urgence. 

En Europe, le Bélarus est le dernier pays européen à mettre en application la peine de mort. Néanmoins, aucune exécution n'a été enregistrée en 2024 et lors des 9 premiers mois de 2025.

- Abolition dans 23 des 50 Etats américains -

Aux Etats-Unis, où la peine de mort a été abolie dans 23 Etats (sur 50) et fait l'objet d'un moratoire dans trois autres (la Californie, l'Oregon et la Pennsylvanie), 25 exécutions ont eu lieu en 2024. 24 par injection létale et une par inhalation d'azote, une méthode inédite dénoncée par l'ONU qui a provoqué l'indignation. Selon l'observatoire spécialisé Death Penalty Information Center (DPIC), 34 personnes ont été exécutées cette année, dont 13 pour la seule Floride. Un nombre jamais égalé ces dix dernières années et neuf autres sont programmées d'ici fin décembre.

- Au moins 1.518 exécutions recensées en 2024 -

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Une femme est conduite à l'exécution, immédiatement après sa condamnation, le 20 avril 2001 à Pékin - AFP
Une femme est conduite à l'exécution, immédiatement après sa condamnation, le 20 avril 2001 à Pékin - AFP

Décapitation, pendaison, exécution par balle ou encore injection létale et inhalation d'azote sont les méthodes ayant été employées en 2024, année où le nombre d'exécutions dans le monde a grimpé de 32% sur un an, atteignant le niveau le plus élevé depuis 2015, selon Amnesty International. L'ONG a recensé au total 1.518 exécutions. Les pays y aillant eu recours en 2024 sont l'Arabie saoudite, l'Égypte, les États-Unis, l'Iran, l'Irak, le Koweït, Oman, Singapour, la Somalie, le Yémen. Ainsi que l'Afghanistan, la Chine, la Corée du Nord, la Syrie et le Viêt-Nam, mais pour ces derniers, l'ONG n'a pas obtenu de chiffres. La Chine est restée le pays ayant procédé au plus grand nombre d’exécutions, vraisemblablement de milliers selon l'organisation. L'ONU s'est alarmé en septembre de l'utilisation accrue ces dix dernières années de la peine de mort en Corée du Nord.

 

- L'Iran responsable de 64% des exécutions -

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La chambre d'exécution de la prison de Lucasville (Ohio), le 30 novembre 2009 - Lucile Malandain - AFP
La chambre d'exécution de la prison de Lucasville (Ohio), le 30 novembre 2009. Lucile Malandain - AFP

La hausse des exécutions en 2024 a été principalement due à des augmentations dans trois pays : l’Arabie saoudite, l’Irak et l’Iran qui ont respectivement exécuté 345, 63 et 972 personnes. En Iran, ces 972 exécutions représente une augmentation de 14 % par rapport à 2023. Et fin août, l'ONU indiquait qu'au moins 841 personnes avaient déjà été exécutées pour l'année 2025. En Arabie saoudite le nombre d’exécutions recensées (345) a doublé par rapport à 2023. Et pourrait encore augmenté en 2025 : en avril, l'ONG a dénoncé une "augmentation alarmante" du recours à la peine de mort dans le riche pays du Golfe. En Asie, le Japon a exécuté fin juin, un condamné à mort, une première application de la peine capitale depuis juillet 2022 dans le pays.

 

 

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